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A la une Bienvenue sur le blog officiel du film "Et toi, t'es sur qui ?" !

  Bienvenue sur le blog officiel de "Et toi, t’es sur qui ?", le premier long métrage de Lola Doillon. C’est l’histoire des premières fois sentimentales et sexuelles d’adolescents de 15ans. Ce blog suit les 5 semaines de tournages depuis le 17 juillet et va vous permettre de faire plus amples connaissances avec les comédiens et l’équipe du film.

  Bonne lecture.

 
La Promo est un sport de combat...
Ces dernières semaines, c'était la course. Cannes avait déja donné un avant-goût de ce qu'allait être la promo du film. Interviews et séances photo toute la journée, décompression et fêtes le soir... De retour à Paris, les soirées se sont un peu calmées, mais pas les journées. Là où, à Cannes, les comédiens étaient là à 100% pour le film, ici, il faut faire avec les emploi du temps de chacun: Les services de Nico, les cours des filles, etc...

Mercredi dernier, l'équipe du Grand Journal à vu débarquer sur son plateau la tornade Et Toi T'es Sur Qui... Michel Denisot s'en souviendra longtemps... Avec un professionalisme et une aisance exemplaire, Nico, Gaël, Christa et Lucie ont répondu aux questions de toute l'équipe de l'émission. Tout cela s'est fini sur une "boîte à questions" d'anthologie...

La pression monte avec l'approche de la date de sortie: les critiques (presque) toutes super bonnes rassurent un peu tout le monde. A l'avant-première officielle, hier, la salle 6 de l'UGC Ciné-Cité Les Halles était bondée! Le public à bien accueilli le film, ce qui a encore enlevé un peu de pression des épaules de l'équipe...


 
Projo équipe
Vendredi soir, toute l'équipe du film s'est retrouvée pour une projection privée au Planet Hollywood. Décontract', les acteurs ont pu profiter de ce moment de répit en compagnie de leur potes. Christa a mis un point d'honneur à parfaire son maquillage alors que Lucie ne supportait plus les flashs des photographes...







 
Cannes, le résumé...
Pendant le Festival, une équipe télé à suivi l'équipe, la vidéo de leur parcours - assez rock n' roll - vient d'arriver:

VOIR LA VIDEO
 
Cannes!!!
Toute l'équipe du film est descendue sur la croisette pour présenter le film en séléction officielle Un Certain Regard. Gaël, Julie, Christa, Nicolas et Shomron étaient là et ont goûté à la folie Cannoise. Interviews, Séances Photo, Projections Officielles et Montée des Marches, ils se sont pliés à l'exercice avec une décontraction toute naturelle.



Photocall: C'est l'endroit où les photographes attendent les équipes des films en compétition pour prendre leur photos...



Sur un yacht dans la baie de Cannes, séance photo ensoleillée. Lucie et Christa rejouent Titanic!







Pour les garçons, on penche plus du côté Scarface et Tony Montana.





Quelques minutes avant la montée des Marches... La pression monte...











Lola et toute l'équipe face au public, juste avant la projection...





Les aléas du métier: Nico se plie à la ronde des interviews...


 
Le point aux mémés

Malik B. (1er assistant caméra)

Le premier assistant caméra, il s'occupe de la caméra, que tout marche bien, que le chef il ait tout ce qui lui faut quand il lui faut, mais surtout, le 1er assistant caméra (on dit aussi "pointeur"), c'est çuila qui fait le woinpe. Ahah ! Qu'est-ce que c'est que ce truc, le "woinpe" ? Le "woinpe", c'est nos ados chéris qui causent comme ça, nous, les adultes, on parle plutôt de "point", de mise au point même. Je me propose donc d'expliquer rapidement en quoi cela consiste, et si comme moi vous avez parlé de ce blog à tout votre entourage, et donc aussi à vos grands-mères, je vais m'adresser à ces dernières, en partant du principe que c'est d'elles qu'il sera le plus tendu de se faire comprendre.

Pour expliquer la nécessité de la mise au point, il faut parler de focale, et à mémé, c'est pas facile. Bon, celles et ceux qui m'auront fréquenté de plus ou moins près tout au long de ce magnifique tournage n'auront pas manqué de remarquer que j'aime bien le foot. Ce qu'il en ressort ne vole il est vrai jamais très haut, mais là on va pouvoir essayer de s'en servir autrement que pour rigoler, s'insulter ou décorer les claps (je balance : la photo de Ribery, c'était Gabz et  Farid). Au foot donc, on, peut avoir, sur le même petit écran, le stade de France, alterné avec le gros plan d'un type qui met un coup de boule dans le torse à un autre. Il y a donc des caméras qui peuvent filmer un stade entier et d'autres qui permettent de détailler une bosse sur un crâne. Et pour filmer cette bosse, il est aisé de s'imaginer que le caméraman n'a pas été se balader entre les joueurs. Il est resté bien sagement sur le bord du terrain. La différence dans cette échelle de plan, c'est la focale. Y'a des focales qu'on dira courtes, qui ont un grand champ de vision, et permettent les vues d'ensemble, et d'autres, les longues, dont le champ de vision est tout petit, pour filmer les détails. Le problème, c'est que ces longues focales, ça devient vite flou si c'est mal réglé. Et là je me rends compte qu'il me faut absolument introduire une autre notion, au moins aussi primordiale que la 1ère, c'est celle de netteté. Oulala, ça c'est chaud, on est mal barrés.

La netteté, ou plutôt l'absence de netteté, c'est quand y'a marqué "non facturé" sur une photo qu'on a donné à développer à la Fnac. Une photo "non facturée", ça veut dire, en général, qu'elle est floue, et que la personne qui l'a prise a déconné au niveau de la mise au point. Donc il fallait faire quelquechose pour qu'on facture la photo et qu'accessoirement elle soit regardable. Ce quelquechose, c'est faire le point. Sur les objectifs, en photographie comme en cinéma, il y a des graduations, qui vont de 30cm à l'infini, et il faut constamment afficher  la distance qui sépare le sujet de l'objectif. Sans ça, c'est la merde, c'est flou. Voilà, on y est. 1er assistant caméra, c'est comme si y'avait un gars qui venait régler la netteté à chaque fois que vous faites une photo (c'est qui çuila ? non laisse, il fait le point et il se barre).

  Mais pour vraiment vous faire goûter aux délices du job, une 3ème notion (c'est bon, c'est la dernière) me semble devoir inévitablement  être évoquée. Je veux parler de la profondeur de champ. Ouais. Quésako ? Je la fais simple : la profondeur de champ, on pourrait dire que, pour le 1er assistant caméra, c'est de combien il peut être à la rue sans que ça se voit. En effet, quand on place le point à 2m, en fait c'est net disons de 1m80 à 2m30, par exemple. Cette fourchette, c'est la profondeur de champ, qui fait que, quand elle est importante, pour nous, c'est du couscous. Y'a des fois sur ce film, c'était net jusque Poitiers. Sauf que bien sûr, cette profondeur varie. Evidemment. Rien n'est jamais acquis en ce bas monde. Et plus le plan est serré, et plus la profondeur elle devient toute riquiqui. Ca se voit à notre air sur le plateau : il change. Tout d'un coup, on est tout concentré. On fait le point sur Gaël qui arrête pas de bouger, l'enflure, et c'est net de 1m98 à 2m03. Wash...

  Voila. On pourra donc pour résumer lier nos 3 notions du jour : l'assistant caméra doit faire ce qu'il peut pour se balader dans la profondeur de champ, là où c'est net, et c'est plus ou moins dur selon la focale utilisée.

  Ça a l'air de rien mais y'a des gars qui se font virer pour ça, tout d'un coup on peut vraiment se demander ce qu'on fout là. Mais sur le film de Lola, je vous rassure, j'ai toujours su ce que je faisais là, non qu'il n'y ait pas eu 2 ou 3 plans un peu chauds, mais parce que vraiment, sur le film de Lola, tout le monde était adorable et a bien pris soin de son 1er assistant caméra chéri. Ah ouais, c'était top, j'ai même eu ma photo à la feuille de service ! (pas pour les services rendus, faut pas pousser, c'était pour mon anniversaire, mais enfin quand même). Bon, je m'égare, j'arrête là, comme va bientôt s'arrêter ce film qui nous conforte dans notre idée que vraiment on voit pas, et là je parle pour tous les postes d'un tournage, ce qu'on pourrait faire d'autre. (être au chomage peut-être).

Malik B., Paris

 
La maquilleuse s'exprime !

  "Et toi, t’es sur qui ?" est ma première expérience en tant que chef maquilleuse de cinéma. Une nouvelle responsabilité motivante où je dois veiller à la bonne mine de nos comédiens, gommer les petites imperfections et surtout m’assurer que jour après jour leurs apparences soient « raccord » puisque nous tournons sur 5 semaines et dans le désordre des scènes mises bout à bout raconte une histoire vécue sur 6 jours. Le maquillage de chaque comédien doit donc être le même chaque jour avec le moins de variation possible, exemple : le bouton qui a poussé dans la nuit doit se voir le moins possible car il n’était pas la hier et disparaîtra dans quelques jours ! Quelques degrés de plus et tout le monde rougi, bronze. Quelques degrés de moins et Lucie s’enrhume, son bout de nez devient tout rouge !

  Challenge pas toujours facile à tenir avec la précision de la HD qui exige un maquillage correcteur mais quasi invisible. Mais une belle aventure professionnelle et humaine au sein d’une belle équipe. 

Aurélie

 
" Arrête de me regarder de travers ! "

INT NUIT CHAMBRE  D’ELODIE

  Julie et Elodie se préparent pour une fête. L’une se maquille face au miroir, l’autre récupère du shit caché dans l’armoire puis roule un pétard.  Elles papotent.

  Il y a mille façons de tourner cette scène :

  Ici, Lola souhaite voir les filles de près, pour être « avec elles ».

  On va donc les isoler dans le cadre, ce qui implique que lorsqu’on est sur l’une, l’autre est hors cadre (ou hors champ).

  On doit donc « régler le regard » : question qui nous intéresse ici…. (Et qui va nous intéresser à chaque plan).

  Pour que cela marche, on va placer l’une des deux à droite du cadre qui regarde à droite, l’autre à gauche du cadre qui regarde à gauche. Il est important où qu’elles soient dans le cadre qu’on ait l’impression que les regards se croisent.

Plan large

Champ

Contre champ

  Contre exemple, les deux filles regardent dans le même sens, on a l’impression qu’elles regardent autre chose hors cadre, mais pas qu’elles se regardent.

Champ

Contre champ

  Ceci dit, il ne suffit pas de les faire regarder dans le bon sens car il y a aussi la question de distance entre elles, de hauteur de regard (selon que la personne est debout, assise, en déplacement etc…) et d’angle…. pour faire simple, on ne parlera pas du cas où on met en scène plus de deux personnages. Le jeu des regards devient plus complexe.

  Donc, on a décidé de mettre Julie gauche cadre et de la faire regarder Elodie à gauche. (on aurait aussi pu la faire regarder à droite).

  Généralement, l’emplacement réel de la personne hors champ ne fonctionne pas pour le regard. Il faut donc tricher l’emplacement et le regard pour qu’on ait la bonne impression de distance, d’angle, etc etc.

En bref, c’est l’un des sujets de conversations favori entre la réalisatrice, le chef opérateur et la scripte.

Pourquoi ?

  Parce qu’ils se mettent d’accord pour que ce soit à la fois beau au cadre et que ça ait une cohérence par rapport au montage et surtout pour que le spectateur n’ait pas de problème à situer les personnages dans l’espace. Cela prend une minute pour se mettre d’accord… et alors ? …et c’est là que Fifi (chef électro) dit qu’il aimerait aller prendre un café, mais qui reste finalement parce qu’il avoue que c’est important mêmes’ilrâlequandmêmeparcequ’ilaimeçagnagnagna!!

  On peut tricher tout ce qu’on veut, tant que ça ne crée pas d’incohérence. Quand les regards ne fonctionnent pas, le spectateur se perd, ne sait plus où les personnages se situent dans l’espace. D’où l’importance de régler les regards, art contesté par certains « technéophitebourrus» (= techniciens ignorants).

  Au même titre que les regards, on règle les entrées et les sorties de champ. L’objectif choisi par le réalisateur et le chef opérateur a aussi une incidence sur l’impression de distance entre les personnages et la direction du regard.

  En bref, regardons les choses en face : moi j’adore « régler » les regards avec ma real et mon chef opérateur favoris parce que ça contribue à faire un film qui marche bien.

  Photos de la scripte (Chloé) et du chef op (Romain) qui se regardent de travers après un désaccord sur le regard !!

Chloé

 
Le stagiaire blog s'exprime !

Yannick (stagiaire blog)

  Je me présente, je suis Yannick dit Blogman ou Mister Blog. Je suis resté dans l’ombre jusqu’à présent mais aujourd’hui je me démasque.

  Je suis sur le tournage depuis le début afin de m’occuper de ce blog. Au début je ne devais être qu’un discret spectateur mais Henri (le directeur de production) m’a proposé de m’occuper de ce blog. C’est Saga (la productrice) qui a eu l’idée de créer ce blog sur allocine.fr, et personnellement je trouve que c’est vraiment une très bonne idée.

  Pour moi, ce stage a été une découverte totale car c’était mon premier tournage et c’était aussi mon premier blog ! Au début ce fut un peu galère car je découvrais ce qu’était un plateau de cinéma et toute l’organisation qui gravitait autour. En effet j’ai découvert plein de métier dont j’ignorer jusqu’à maintenant l’existence, il y en a d’autre que je connaissait mais je ne savais pas à quoi ils servaient. Enfin maintenant je suis incollable. Et heureusement car, sur le blog, je n’ai pas droit à l’erreur !

  Une des choses les plus dur, au début, c’est de rencontrer les personnes et de leur poser pleins de questions. J’étais un peu honteux car je leur posais des questions bêtes du style « ça sert à quoi ce projecteur ? » alors que pour eux c’est super évident. Mais en aucun cas, on ne s’est moqué de moi et tout le monde prenait le temps de m’expliquer. Il fallait aussi faire attention au moment où on allait poser des questions car il ne faut pas les déranger, pour ne pas faire perdre de temps. Donc au début j’ai longuement observé afin de comprendre le fonctionnement d’un plateau de tournage.

  Ce qui fut vraiment sympa, c’est le contact avec les comédiens. Le but était que je gagne leur confiance afin qu’il me dévoile réellement ce qu’ils pensaient du tournage, ce qu’ils ressentaient. Et ceci ce fit très naturellement car nos relations ne devinrent plus des relations de travail mais davantage des relations amicales.

  Après ces 5 semaines de tournages, j’ai vraiment eu l’impression d’évoluer dans une sphère parallèle. On est pratiquement 7 jours sur 7 ensembles, comme coupé du monde. On navigue dans un courant long de 5 semaines où l’on croise des torrents rapides et quelques fois une dérive paisible. Mais jamais le bateau ne coule, enfin je l’espère. J’ai fais de mon mieux pour vous faire partager ce tournage, les instants difficiles comme les instants de bonheurs.

  Si vous non plus, vous n’avez jamais assisté à un tournage, j’espère que pour vous aussi, en lisant ce blog, ça a été un peu votre première fois…

  Ce fut vraiment une superbe expérience et je remercie toute l’équipe.

Signé Yannick (blogman)

 
Un avis de mise en scène

Romain Lacourbas (chef opérateur)

  Il est assez aisé de classer les films par genre auxquels ils appartiennent (action, aventure, policier, comédie, etc…). Il est en revanche beaucoup moins évident de les qualifier quant au style de leur mise en scène. J’entends par mise en scène la façon choisie pour montrer l’action ; la question du point de vue : à quel endroit met-on la caméra pour raconter une scène. Cette question, qui se pose à chaque plan du film, oriente de manière indicible le récit. La forme vient ou non appuyer le fond.

  On pourrait considérer que chaque réalisateur a son propre style de mise en scène, au même titre que chacun raconte une histoire à sa manière. Il existe pourtant des schémas « classiques » de découpage qui consistent à commencer une scène par un plan d’ensemble, puis à poursuivre par des plans plus serrés sur chaque rôle présents. Cette méthode obéit aux règles du langage cinématographique et fonctionne donc à chaque fois, mais il est difficile d’y trouver une particularité ou un sens. Il s’agit juste d’exposer l’action. La question du point de vue ne se pose donc (quasiment) plus. L’outil qu’est la caméra n’est à mon sens pas utilisé au maximum de son «rendement».

 

  Lola fait la démarche inverse et se demande à chaque séquence quel est le meilleur moyen d’utiliser la caméra par rapport à l’action. Cela passe par un vrai parti prit sur l’ensemble du film ; il s’agit de nous faire rentrer dans le monde des adolescents, ou au plus proche d’eux, tout en restant le plus possible spectateur. La caméra est donc à leur hauteur. Lorsque la question du champ/contre champ se pose, Lola préfère souvent un plan à deux profil/profil. Plutôt que de surdécouper une scène, elle tendra vers un plan séquence. Il me semble que l’outil cinématographique est ainsi utilisé à sa juste valeur. De plus aucun des plans tournés ne l’est par sécurité car elle sait qu’elle l’utilisera au montage, ce qui rajoute du piquant à cette aventure : on ne se couvre pas.

  Je ne vous cache pas que faire son premier film en tant que chef opérateur dans cette dynamique est un véritable bonheur.

Signé Romain (chef opérateur)

 
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